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Le partage du pouvoir se précise à Madagascar
par Alain Iloniaina
ADDIS-ABEBA (Reuters) - Les camps rivaux à Madagascar ont conclu vendredi soir un accord sur la composition d'un gouvernement d'union nationale après dix mois de crise politique dans la grande île de l'océan Indien.
Selon les termes convenus au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, Andry Rajoelina, qui a pris le pouvoir en mars, restera président et sera flanqué de deux co-présidents.
"Cela a été décidé et accepté par les dirigeants des quatre (grandes) mouvances (politiques) et aussi par le président de transition", a dit peu avant minuit Rajoelina aux journalistes.
Tiebile Drame, émissaire des Nations unies à Madagascar, a confirmé la conclusion d'un accord et ajouté que les différents groupes s'étaient attelés à la répartition des ministères.
L'accord permettra au président déchu Marc Ravalomanana d'installer un proche allié comme co-président.
Rien n'est précisé cependant dans l'immédiat sur la manière dont s'articuleront les rapports entre le président et le "conseil présidentiel" composé des deux co-présidents.
Mais d'après une source proche des négociateurs, toutes les décisions futures devront être signées par les trois dirigeants. Des élections devront avoir lieu avant la fin 2010.
Ravalomanana avait accepté au terme d'un premier accord de partage du pouvoir conclu à Maputo en août dernier de ne pas jouer un rôle direct dans le gouvernement transitoire mais il refusait également tout compromis qui aurait permis à Rajoelina de se maintenir seul au sommet de l'Etat.
L'accord conclu à Addis prévoit aussi de lever les charges d'abus de pouvoir contre le millionnaire et homme d'affaires Ravalomanana, ce qui pourrait permettre son retour d'Afrique du Sud où il vit en exil.
Version française Jean-Stéphane Brosse